IA : levons-nous pour protéger l’esprit humain. L’initiative « Rise For The Mind »
Appel ouvert à signature
Nous vivons un moment décisif de l’histoire humaine.
Les transformations numériques ont profondément modifié nos modes de vie. Les écrans, les réseaux, l’intelligence artificielle façonnent désormais nos interactions, nos décisions, nos apprentissages, nos imaginaires. Chacun connaît les effets immédiats de cette évolution: dépendances, troubles psychiques, troubles cognitifs, désinformation, manipulation, menaces sur la démocratie et l’Etat de droit.
Mais au-delà de ces risques visibles, une question plus profonde se pose: quelle place voulons-nous accorder à l’esprit humain dans un monde gouverné par des systèmes technologiques toujours plus puissants ?
Le numérique augmenté de l’IA constitue une métatechnologie: une technologie capable d’intégrer toutes les autres, d’en amplifier les effets, et de s’étendre à l’ensemble des sphères de l’existence. Nos activités les plus ordinaires — communiquer, acheter, apprendre, travailler, se divertir — passent désormais par des interfaces qui organisent nos comportements et orientent nos choix. La capacité d’extension des métatechnologies est sans limite. Il ne s’agit plus seulement d’outils, mais d’écosystèmes structurants.
Nous ne contestons pas les immenses bénéfices réels et potentiels de ces innovations. Nous affirmons cependant que leur puissance appelle une exigence nouvelle: celle de garantir la souveraineté de l’esprit humain.
Car ce qui est en jeu n’est pas seulement l’usage des technologies et les risques qui leur sont immédiatement associés, mais la forme même de notre existence, et surtout de celle des générations futures. L’optimisation permanente des comportements, la captation continue de données, la structuration algorithmique de l’environnement social transforment progressivement non seulement les manières de percevoir et de penser, mais encore et surtout les manières d’agir et d’habiter le monde.
Face à cette mutation, les dispositifs juridiques existants — si nécessaires soient-ils — ne suffisent pas. Les régulations actuelles, celles de l’Union européenne par exemple, protègent les données des individus utilisateurs de ces technologies ; mais elles ne protègent pas les utilisateurs contre les effets de l’écosystème technologique lui-même.
Nous pensons qu’il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre.
De même que la Déclaration des droits de l’homme a marqué une étape historique en instituant un nouveau standard de dignité humaine, nous avons aujourd’hui besoin d’un marqueur historique d’ampleur comparable pour consacrer la valeur inaliénable de la souveraineté de l’esprit.
C’est pourquoi nous appelons à l’élaboration et à l’adoption d’une Déclaration universelle de la souveraineté de l’esprit humain.
Il ne s’agit pas de rejeter le progrès, mais de l’orienter.
Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de lui donner un cap.
Il ne s’agit pas de nourrir la peur, mais d’affirmer une ambition: celle d’une cohabitation harmonieuse entre l’intelligence humaine et les technologies qu’elle a créées.
Nous croyons qu’une telle Déclaration constituerait un repère commun et un cap capable de fédérer les initiatives éducatives, juridiques, scientifiques et civiques, aujourd’hui dispersées. Elle serait un signal clair adressé aux institutions, aux entreprises technologiques et aux citoyens du monde: la souveraineté de l’esprit est un principe non négociable.
Nous lançons un appel à toutes celles et ceux — chercheurs, enseignants, juristes, responsables publics, créateurs, citoyens — qui souhaitent affirmer la beauté et l’inaliénabilité de l’esprit humain.
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui l’initiative Rise for the Mind. Il nous revient d’inscrire dès maintenant la souveraineté de l’esprit dans l’histoire en train de s’écrire, en la portant au cœur du débat public, jusqu’à obtenir la reconnaissance internationale d’une Déclaration universelle des droits de l’esprit humain.
Rejoignez cette initiative.
Faisons de la souveraineté de l’esprit un horizon commun.
Mark Hunyadi
Les premiers signataires
Comité éthique et scientifique de Rise for the Mind:
- Giuliano da Empoli - écrivain, conseiller et professeur (Italie, Suisse, France)
- Nathalie Sonnac - Médias, professeure et autrice (France)
- Nicolas van Zeebroeck - Professeur d’économie (Belgique)
- Ioan Roxin - Professeur émérite, chercheur (France)
- Hugues Bersini - Professeur informatique robotique (Belgique)
- Francis Jutand - Expert du numérique (France)